{"id":1097,"date":"2018-05-25T09:45:38","date_gmt":"2018-05-25T07:45:38","guid":{"rendered":"https:\/\/www.sociologie-clinique.org\/en\/?page_id=1097"},"modified":"2018-05-27T16:37:09","modified_gmt":"2018-05-27T14:37:09","slug":"max-pages","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/www.sociologie-clinique.org\/en\/max-pages\/","title":{"rendered":"Max Pag\u00e8s"},"content":{"rendered":"<p><em><strong>Untranslated Page<\/strong><\/em><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-1101 alignleft\" src=\"https:\/\/www.sociologie-clinique.org\/en\/wp-content\/uploads\/sites\/11\/2018\/05\/max-page\u0300s-205x300.jpg\" alt=\"\" width=\"205\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/www.sociologie-clinique.org\/en\/wp-content\/uploads\/sites\/11\/2018\/05\/max-page\u0300s-205x300.jpg 205w, https:\/\/www.sociologie-clinique.org\/en\/wp-content\/uploads\/sites\/11\/2018\/05\/max-page\u0300s.jpg 325w\" sizes=\"auto, (max-width: 205px) 100vw, 205px\" \/><\/p>\n<p>Max Pag\u00e8s est n\u00e9 en 1926 \u00e0 Constantinople. Il est une figure marquante de la psychosociologie fran\u00e7aise. \u00a0Apr\u00e8s des \u00e9tudes de psychologie \u00e0 la Sorbonne et \u00e0 l\u2019Institut nationale d\u2019orientation professionnelle, il fit un long s\u00e9jour aux USA ou il travailla sous la direction de Carl Rogers, qu\u2019il a fait conna\u00eetre en France. Il dirigea le bureau de psychologie industrielle de la CEGOS dans les ann\u00e9es 1950 avant d\u2019entrer \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 \u00e0 la facult\u00e9 de Rennes, puis \u00e0 la Sorbonne. En 1958, il fonde l\u2019Association de Recherche et d\u2019Intervention Psychosociologique (ARIP) avec Guy Palmade. En 1968 il est nomm\u00e9 professeur \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 Paris-Dauphine dans laquelle il fonde le Laboratoire de changement social. En 1980, il rejoint l\u2019UFR de sciences humaines cliniques \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 Paris Diderot. Ses deux premiers ouvrages, <em>L\u2019orientation non directive en psychoth\u00e9rapie et en psychologie sociale<\/em> et <em>La vie affective des groupes<\/em>, publi\u00e9s chez Dunod en 1966 et 1968, sont issus de sa th\u00e8se dans laquelle il esquisse une th\u00e9orie de la relation humaine. En 1979, il publie <em>l\u2019Emprise de l\u2019organisation<\/em>, avec M. Bonetti, V. de Gaulejac et Daniel Descendre. Dans cette recherche, il inaugure une \u00e9pist\u00e9mologie de la complexit\u00e9 \u00e0 partir d\u2019une analyse pluridisciplinaire du syst\u00e8me de pouvoir \u00e0 l\u2019\u0153uvre dans une entreprise multinationale hypermoderne. L\u2019analyse vise \u00e0 comprendre les rapports entre les registres \u00e9conomique, politique, id\u00e9ologique et psychologique. Cet ouvrage pr\u00e9curseur sera r\u00e9\u00e9dit\u00e9 \u00e0 cinq reprises dont la derni\u00e8re aux Presse Universitaires de L\u2019ULB (Universit\u00e9 Libre de Belgique) pr\u00e9vue en 2018. La question des influences r\u00e9ciproques entre les organisations sociales et les structures inconscientes individuelles deviendra une constante de ses travaux de recherche. \u00c0 partir de ces principes \u00e9pist\u00e9mologiques, il animera un r\u00e9seau de chercheurs autour de l&#8217;<em>Analyse dialectique <\/em>qui a donn\u00e9 lieu \u00e0 de multiples rencontres, en particulier les colloques de Spetses, en Gr\u00e8ce, organis\u00e9s avec Klimis Navridis.<\/p>\n<p>En 1980, il quitte l\u2019universit\u00e9 Paris Dauphine pour rejoindre le Laboratoire de psychologie sociale clinique, dirig\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9poque par Claude Revault d\u2019Allonnes, \u00e0 l\u2019UFR de sciences humaines cliniques. Il y poursuivra ses r\u00e9flexions pour \u00e9difier une th\u00e9orie de la psychoth\u00e9rapie comme pratique complexe au confluent des registres \u00e9motionnel, psychique \u2013 conscient et inconscient \u2013 et de l\u2019histoire familiale et sociale. Sa pratique du psychodrame \u00e9motionnel, introduite dans le travail th\u00e9rapeutique individuel et en groupe, est d\u00e9crite dans son ouvrage <em>Psychoth\u00e9rapie et complexit\u00e9<\/em> (1993). Il \u00e9crira un \u00ab\u00a0roman \u00e9pist\u00e9mologique\u00a0\u00bb qui retrace son parcours intellectuel en lien avec son histoire de vie. Dans <em>Le travail d\u2019exister<\/em>, \u00e9crit avec Didier Van den Hove en 1996, il cherche \u00e0 comprendre comment se construit une pens\u00e9e, les forces qui la font \u00e9voluer, ses racines affectives et familiales, le poids des \u00e9v\u00e8nements sociaux, l\u2019entrechoc des r\u00e9f\u00e9rences th\u00e9oriques et finalement comment se tisse un destin au carrefour de son roman familial et de sa trajectoire sociale.<\/p>\n<p>Dans cet ouvrage, il se d\u00e9finit lui-m\u00eame comme un \u00ab\u00a0psychologue conversant\u00a0\u00bb soucieux d\u2019\u00e9tablir des passerelles avec les autres disciplines, de d\u00e9truire les barri\u00e8res entre la th\u00e9orie et la pratique, d\u2019articuler la recherche intellectuelle et l\u2019exp\u00e9rience personnelle. <em>Le travail amoureux<\/em> est sans doute l\u2019ouvrage dans lequel il montre avec une authenticit\u00e9 d\u00e9sarmante les liens indissociables entre la pens\u00e9e rationnelle et la vie intime. Il y m\u00e9lange d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment des \u00e9crits th\u00e9oriques, des r\u00e9f\u00e9rences personnelles, des extraits de journal afin de montrer comment la pens\u00e9e et la sensibilit\u00e9 sont deux fa\u00e7ons compl\u00e9mentaires et indissociables de saisir le monde.<\/p>\n<p>Il \u00e9tait aussi un chercheur engag\u00e9. La charte inaugurale du Laboratoire de changement social propose de rompre avec la fausse neutralit\u00e9 des sciences qui les maintiennent dans un \u00e9tat de d\u00e9pendance vis-\u00e0-vis des pouvoirs \u00e9tablis, afin de lutter contre l\u2019ali\u00e9nation \u00e9conomique, politique, culturelle et psychologique. Dans son livre sur <em>La violence politique<\/em> (2003), \u00e9crit avec des coll\u00e8gues issus d\u2019horizons diff\u00e9rents, il s\u2019interroge sur les violences terroristes et anti-terroristes pour tenter de comprendre \u00e0 quel moment et sous quelles forces les conflits \u00e9chappent \u00e0 leurs auteurs pour se transformer en parano\u00efa collective et s\u2019installer dans une logique pers\u00e9cutoire qui fabrique ses propres ennemis.<\/p>\n<p>Chercheur cr\u00e9atif, parfois incompris, contest\u00e9, il \u00e9tait une personnalit\u00e9 qui ne pouvait laisser indiff\u00e9rent. Il a ouvert des pistes de recherches et des pratiques innovantes qui ont influenc\u00e9 durablement beaucoup de chercheurs en sciences humaines et de professionnels de la relation. Pour ceux qui ont eu la chance et le privil\u00e8ge de le c\u00f4toyer, il savait transmettre le go\u00fbt de la recherche, le plaisir de l\u2019enseignement et une curiosit\u00e9 sans bornes pour les choses humaines. Il nous autorisait \u00e0 penser par nous-m\u00eames. Notre reconnaissance est profonde pour le chercheur, le professeur et l\u2019ami.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Vincent de Gaulejac<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Untranslated Page Max Pag\u00e8s est n\u00e9 en 1926 \u00e0 Constantinople. Il est une figure marquante de la psychosociologie fran\u00e7aise. \u00a0Apr\u00e8s des \u00e9tudes de psychologie \u00e0 la Sorbonne et \u00e0 l\u2019Institut nationale d\u2019orientation professionnelle, il fit un long s\u00e9jour aux USA ou il travailla sous la direction de Carl Rogers, qu\u2019il a fait conna\u00eetre en France. 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