Colloque sur le travail social « La professionnalité à l’épreuve de l’engagement social »

Le processus de professionnalisation du travail social est né il y a bientôt un siècle en Suisse romande avec la création à Genève, en 1922, d’une école qui forme les assistantes sociales. Puis d’autres formations verront le jour dès les années 1950 qui marqueront l’évolution de la professionnalité des travailleurs sociaux face à la complexité des problématiques et des enjeux individuels, collectifs et sociaux.

Selon la définition internationale du travail social admise par l’assemblée internationale des travailleurs sociaux le 10 avril 2017, le professionnel est celui qui « cherche à promouvoir le changement social, la résolution des problèmes liés aux relations humaines, la capacité et la libération des personnes afin d’améliorer le bien-être général ». Si cette conception du travail social est pertinente, force est de constater que les moyens et les ressources alloués pour mener à bien cette perspective ne sont plus cohérents en regard des défis que doivent relever quotidiennement les acteurs du champ concerné.

Les conditions actuelles de l’exercice du travail social interrogent non seulement le sens de celui-ci, mais également les exigences pour répondre à la question sociale, soit à l’expression de la solidarité de tous envers les plus fragiles et vulnérables. Par ailleurs la professionnalité doit-elle être uniquement fondée sur les référentiels de compétences, les titres professionnels et les modes d’évaluation de l’action sociale ? Reste-t-il une place pour l’implication plus personnelle témoignant d’un engagement social favorisant un point de vue plus critique et politique ?

Ces journées de réflexion et d’analyse souhaitent s’inscrivent dans le mouvement engagé lors du colloque scientifique de 2017 intitulé « A quoi sert (encore) le travail social ? » et qui avait permis de revisiter des fondamentaux et imaginaires du travail social. Cette année nous explorerons, d’une part, l’évolution des enjeux théoriques et pratiques de manière à éclairer les dimensions politiques qui affectent l’agir professionnel. D’autre part, nous aborderons la question de l’identité du travail social et plus particulièrement des professionnels à partir des raisons et motivations qui les mobilisent dans l’action qu’ils mènent. Cette réflexion prendra également appui à partir des pratiques qui se situent à la frontière des territoires historiques du travail social afin d’appréhender les transformations de l’action sociale comme des vecteurs de mutations identitaires.

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